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Nom du blog :
blackboxfullmoon
Description du blog :
Tentative d’écriture d’un roman du type roman noir futuriste. Black box Full Moon City-Zone
Catégorie :
Blog Livre
Date de création :
07.09.2006
Dernière mise à jour :
07.09.2006
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première scène

Posté le 07.09.2006 par blackboxfullmoon
Première scène « Le disparu »

Localisation in : Douche du matin au lever ~9h

Localisation out : De retour dans la chambre après la visite des flics dans la matinée

Action : Le récit est à la première personne. Le disparu se découvre le matin et se demande

- Qui suis-je ? Où suis-je ?
---------------------------------------------------------------------------

Le baptême matinal. Je ne crois pas connaître de sensation plus plaisante. Une bonne douche chaude. Ce matin, je me suis réveillé la bouche vaseuse et le regard glauque. Dans cette brume de mi rêve mi réalité. D’un pas lent et groggy, je me suis dirigé dans la salle de bain comme guidé par un fil instinctif. Une cascade brûlante m’envahit d’une caresse revigorante. L’état de rêve se dissipant peu à peu lorsque les mécanismes de la toilette se mettent en marche. Profiter de cet instant le plus longtemps possible, voilà une source de plaisir inespéré. L’air chargé de vapeur d’eau rend la respiration lourde.
- Mais, où suis-je ?

L’eau ne coule plus. Une ambiance bleutée embrumée et chaude constitue l’atmosphère. Baignoire en céramique blanche tachée d’une coulée bleue sous le robinet argenté. La pastille rouge, pour l’eau chaude, contrastant avec le carrelage bleu ciel assorti au rideau de douche. Une claustrophobie est entrain de naître en moi. Vite, sortir de là. Trouver le miroir, l’espace. D’un geste, le rideau s’ouvre accompagné d’un cliquetis. La salle de bain semble avoir capturé un nuage.
A deux pas en face de la baignoire se trouvent les toilettes. À leur gauche, un lavabo blanc surmonte un petit meuble. Au dessus, le miroir est là. Suspendu dans la vapeur, brillant et opaque. Une main essuie la buée accompagnée d’un brui caractéristique « oonhy ». Contact froid et lisse. La nature coupante du verre est sous-jacente. Un homme barbu me regarde, le visage déformé par les gouttelettes du miroir.
- C’est moi ça ?
Yeux noisette, cheveux brun foncé et court, regard fuyant, d’un examen plus détaillé entre les gouttelettes, je me cherche.
- Qui suis-je ?

Encore tout dégoulinant, un peignoir éponge sur le dos, je déboule dans la pièce adjacente. Une petite chambre-cuisine-salon. D’un regard, je balaye la pièce. Des fringues sont posées sur une chaise de bureau. Fouiller les poches. Rien. Un cellulaire est posé à coté du clavier de l’ordinateur. Il est en train de se recharger. Des clefs là également, mais sans aucune inscription. Un long imperméable noir est suspendu à la porte. Je le fouille et dans la poche droite je trouve un portefeuille. Il contient carte de crédit, monnaies et carte d’identité.
- Yannick Durand, 1’85, c’est marrant. Ça ne me satisfait pas du tout. Je ne suis pas qu’un simple nom et des données. Qui suis-je ?

« Toc-toc » deux coups de marteau frappent à la porte. Un sursaut, le cœur s’emballe. Les fringues vite. Une jambe dans le pantalon, je lance :
- Oui, qui c’est ?
Une vois grave et étouffée par l’épaisseur de la porte répond.
- Police départementale, ouvrez !
Le temps de s’habiller et la porte s’ouvre sur deux hommes d’au moins deux mètres. Visage recouvert d’un masque à gaz noir, comme leurs uniformes constitués de sangles et de coques luisantes. Celui de gauche lève un engin démesuré à auteur de mes yeux. L’orifice lugubre du gun semble aspirer la lumière du couloir.
- Carte ! M’ordonne-t-il.
- Hein ?
- Vos papiers, merde !
En fouillant mon portefeuille, je le laisse maladroitement tomber et déverse son contenu au pied des flics. La gueule de l’engin me suit lorsque je me baisse doucement pour ramasser ma carte. Le deuxième s’en empare pour l’introduire dans le moniteur intégré de l’uniforme à son poignet gauche. Ils se regardent d’un air entendu.
- C’est lui.
Puis en me tendant la carte il me dit.
- Vous avez été aperçu par le système de sécurité sur le lieu du meurtre de Mona. De plus, il manque des informations sur vous dans la base de données. Vous êtes prié de ne pas quitter la ville et de rester à l’entière disposition de la police. Vous avez le droit de contacter un avocat.

La porte du voisin d’en face s’entrouvre. Sûrement une commère en mal de sensation. Une douce mélodie s’achève pour laisser la place à une voix divine, se prolongent dans un dernier souffle inhumain. Entre les deux flics et l’entrebâillement de la porte, j’entrevois un petit poste de télé. Un beau visage de femme en image de synthèse. Elle ferme les yeux. Puis la commentatrice du journal. Une asiatique au visage sévère parle.
- C’était la rediffusion du dernier concert de notre bien-aimée Mona. Sa disparition est une vraie tragédie. Elle nous manquera à toutes et à tous.

Surpris d’être accusé du meurtre d’une chimère, j’exulte.
- Ils se foutent de moi là, mais c’est une image de synthèse !
- Je sais que c’est une image de synthèse. Elle à fait rêvée tous les hommes de ce siècle. Mais vous sortez d’où vous ? Prenez votre carte et restez dans le coin.
Je récupère ma carte et me baisse pour ramasser mon portefeuille quand j’entends parler l’un des deux flics se dirigeant vers l’ascenseur.
- Comme s’il pouvait nous échapper.
En me relevant je vois ma chère voisine m’épier avec son visage parcheminé et ses yeux plissés.
- Madame, je…
D’une grimace de harpie, elle me lance un regard mauvais et claque la porte. Apparemment je suis déjà condamné. Je retourne dans ma chambre de se qui parait être un hôtel miteux. Il me faut de l’air. Je me dirige vers la fenêtre d’où diffuse une lueur rosée à travers les lattes des stores.




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